Elle porte plusieurs couches de vêtements sales, vit nuit et jour devant ce grand magasin de vêtements avec son mari et engueule le camion des éboueurs parce qu’ils ont fait tomber une poubelle devant elle. Quand ils partent, elle les regarde comme une mère qui s’inquiète pour ses fils et passe un coup de balai. Sur son trottoir.

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Trois heures et quart le matin. Tu es un piéton, tu ne croises aucune voiture. Uniquement le bruit de tes pas sur le bitume. Tu ne savais même pas que tes chaussures faisaient ce bruit-là.

Il fait bon pour un mois de février, les trottoirs et les rues sont mouillés… Deux camions en arrivant au pont, des feux rouges et verts qui égaient presque cette atmosphère de ville fantôme.

Tes pas, encore. La petite voie de chemin de fer, le hangar. Tu ôtes ta veste, allume l’ordinateur. La matinale commence, tout à l’heure.

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Elle porte des gants de cuir noir, un sac plus fatigué qu’elle et une veste sans manche en laine bleue tricotée main en regardant Julien Lepers.

Ses chaussures sont rapées, une lanière est rafistolée, ses chaussettes trop fines glissent sur ses frêles chevilles.

Elle arpente le quai en souriant, elle respire l’odeur sucrée diffusée par la ratp, elle est heureuse.

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Pilote de nuit

Photo Elysées by night © mfpierre via flickr

La nuit à Paris, il y a des voitures qui s’arrêtent au milieu des carrefours, d’autres qui roulent à toute vitesse en mode “C’était un rendez-vous” de Claude Lelouch en ’76. Des voitures tous phares éteints et des cyclistes peinards sans bandes réfléchissantes. Les indécis qui monopolisent deux files… et mon autolib’.

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Frédéric Haffner

Frédéric Haffner

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Entrepreneur, je raconte ici les épisodes de la création de mon entreprise à côté de Lille. Vous trouverez aussi quelques textes plus personnels